Alexandre Martin

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Alexandre Martin
Illustration.
Alexandre-Albert Martin, dit « l'ouvrier Albert », en 1848, lith. de Desmaisons.
Fonctions
Député de la Seine

(22 jours)
Législature Assemblée nationale constituante
Groupe politique Gauche
Biographie
Nom de naissance Alexandre Albert Martin
Date de naissance
Lieu de naissance Bury (Oise)
Lieu de décès Mello (Oise)
Profession Inspecteur du matériel et de l'outillage de la Compagnie parisienne de gaz

Alexandre-Albert Martin, né le à Bury[1] (Oise) et mort le 27 mai 1895 à Mello[2] (Oise), et surnommé l’« ouvrier Albert », est un homme politique français connu pour son engagement socialiste lors de la Révolution de 1848, et sera l'un des dirigeants du gouvernement provisoire qui en découle.

1 Biographie[modifier | modifier le wikicode]

Fils de cultivateur, Alexandre-Albert Martin apprend l'état de mécanicien modeleur chez l'un de ses oncles. À quinze ans, il participe à l'insurrection des Trois Glorieuses[3]. En raison d'une confusion avec son homonyme Antide Martin, on lui attribue à tort un rôle dans la fondation du journal lyonnais La Glaneuse en 1832. En fait Alexandre Martin entre dans les sociétés secrètes républicaines à Paris : Familles, Saisons puis Nouvelles Saisons dont il devient le chef peu avant la Révolution de 1848[3].

Quand éclate la Révolution de février 1848, Albert est ouvrier chez M. Jean-Félix Bapterosses, fabricant de boutons. Il prend les armes le et, le 24 au soir, porté par sa réputation d'écrivain révolutionnaire et de travailleur ainsi que par son amitié avec Louis Blanc, il est nommé au sein du gouvernement provisoire. Albert avait participé en outre avec Louis Blanc à la campagne des Banquets. Il fut le premier ouvrier membre d'un gouvernement français[4],[5]. Il n'aimait cependant pas être appelé l'« ouvrier Albert ».

Portrait d'Alexandre Martin en 1860, huile sur toile de Joseph Navlet, Paris, musée Carnavalet.

Devenu vice-président de la commission des délégués de Luxembourg, une organisation ouvrière et patronale ayant pour but de former un ministère du Travail, il approuve la politique de Louis Blanc, son allié socialiste. Après une brève présidence de la commission des récompenses nationales, il est élu représentant du peuple à l'Assemblée constituante dans le département de la Seine par 133 041 voix sur 215 000 votants ; il quitte son poste après quelques jours. Il arrive toutefois à la commission du Luxembourg comme vice-président, mais les élections d'avril sont un triomphe pour les républicains modérés et il est exclu du gouvernement. Le , une violente manifestation populaire provoque une réaction de la Garde nationale. Albert, qui était à sa tête, est arrêté et emprisonné à Vincennes.

Lors de son procès devant la Haute Cour de justice de Bourges, l’année suivante, il refuse de se défendre, considérant le tribunal comme incompétent. Reconnu coupable, il est déporté à la citadelle de Belle-Île, où il reste quatre ans, puis incarcéré à la prison de Tours pendant cinq ans.

Amnistié en 1859, il travaille à Paris comme inspecteur du matériel et de l'outillage de la Compagnie parisienne du gaz[6], mais se tient à l’écart de la vie politique. En 1870, le gouvernement de la Défense nationale le nomme à la commission des Barricades. Il est battu en 1871 aux élections à l'Assemblée nationale. En 1879, il essaie une dernière fois de se faire élire au Sénat, mais sans succès. À sa mort en 1895, le gouvernement lui accorde des obsèques nationales. Il est enterré à Mello, sa tombe est surmontée d'un buste d'Auguste Seysses. L'année suivante, la ville de Paris donne son nom à une rue du 13e arrondissement.

2 Sources[modifier | modifier le wikicode]

3 Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]

  • Jean-Noël Tardy, L'Âge des ombres : complots, conspirations et sociétés secrètes au 19e siècle, Paris, Les Belles Lettres, , 672 p. (ISBN 978-2-251-44539-7, EAN 978-2251445397)

4 Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. Archives départementales de l'Oise, état-civil numérisé de la commune de Bury, NMD 1812-1819, vue 120 de la numérisation. Il est fils de Joseph Martin, propriétaire, et de Marie-Pauline Ribou.
  2. Archives départementales de l'Oise, état-civil numérisé de la commune de Mello, NMD 1894-1898, vue 50 de la numérisation.
  3. 3,0 et 3,1 Jean-Noël Tardy, L'Âge des ombres : complots, conspirations et sociétés secrètes au 19e siècle, Paris, Les Belles Lettres, , 672 p. (ISBN 978-2-251-44539-7, EAN 978-2251445397).
  4. Aurélien Fayet et Michelle Fayet, L'histoire de France : des origines à nos jours, Eyrolles, , 481 p. (ISBN 978-2-212-54391-9, présentation en ligne), p. 274.
  5. « ALBERT l’ouvrier (MARTIN Alexandre, dit l’ouvrier Albert) », sur maitron.fr.
  6. Qualité mentionnée sur son acte de décès.

5 Liens externes[modifier | modifier le wikicode]